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Phantafun
11/05/2008, 15h18
L'histoire de Keltos.


Ceci n'est pas un récit d'aventures épiques à couper le souffle, mais simplement l'histoire d'un elfe partagé entre la Haine et l'Amour.

Les cloches de la ville sonnaient, la pluie s'abattant toujours sur le toit de l'église... J'étais là, assis sur ce trône, seul chose encore intacte en ce lieu. Devant moi, étendue sur un monticule de débris, gisait ma bien aimée... Dehors j'entendais encore les hurlements des mercenaires massacrants les villageois de cette pauvre ville, ils allaient tous mourir, je le savais. Mais pour moi plus rien ne comptait, peu m'importait qui restera au final, tout ce dont je souhaitais, était qu'elle puisse reposer en paix et si pour cela je devais tuer, et bien je le ferai.
Il me revenait encore cette douce symphonie qui se perpétuait dans mon esprit lorsque j'étais avec elle, je fermais les yeux en oubliant tout ce qui m'entourait, profitant ainsi de cette dernière valse avec ma bien aimée...
Soudainement, la musique s'était arrêté, le silence était total dans la ville, plus aucun hurlements, plus de cloches, plus de pluie... rien. Intrigué par ce silence si soudain, je me levai et marchai en direction des grandes portes à moitié détruites... en les franchissant j'aperçus un paysage d'horreur. Tous les villageois étaient étendus à terre baignant dans leur sang, ces mercenaires n'avaient laissé aucun survivant. Tout ceci serait de ma faute ? Les aurais-je abandonnés en me réfugiant dans cette église ? Je ne pense pas qu'il en était ainsi, si j'étais resté combattre avec eux, je serai sûrement mort à l'heure qu'il est, gisant également ici dans tout ce sang.
Maintenant, ma vie ne rime plus qu'à un seul mot : la vengeance. Pour cela je vais parcourir le monde à la recherche de toutes choses qui puissent me rendre plus fort et plus puissant et lorsque je serai près, j'irai venger celle qui sera à jamais dans mon cœur. Je le jure sur son âme tout ces misérables vont payer et ce bien plus vite qu'ils peuvent le penser.

Pourquoi s'en sont-ils pris à Amendil ? Ce petit village insignifiant perdu dans les forêts de l'Ouest des terres de Quel'thalas ne représente pourtant aucune menace, il n'y avait rien de bien précieux ici... mais pourtant, ils ont osé souiller nos terres et tuer nos familles. Le lendemain je me rendrai à Lune-d'argent ainsi je trouverais surement le moyen de m'engager dans l'armée de ma patrie et je pourrai me venger de ces barbares... Mais pour le moment, je devais offrir à ma femme un endroit où reposer en paix.
Je descendis les marches de l'église, portant mon épouse dans mes bras, en direction des ruines de ce qui était avant notre maison. Je n'étais pas le seul à être resté à l'abri durant la bataille, de nombreux villageois sortaient d'un peu partout de la ville, la plupart étaient en larmes et se ruaient vers les cadavres de leurs proches décédés. La pluie qui tombait à nouveau dissipait le sang des défunts et éteignait les flammes dévorant les maisons du village. Ce décor sinistre emplissait la rage qui était en moi. Je fus enfin arrivé devant ma demeure, le toit était carbonisé et des morceaux s'étaient effondrés de part et d'autres, la porte détruite laissait apercevoir l'intérieur entièrement saccagé. Tout ceci m'était indifférent et je me contentais de me diriger dans le jardin pour y creuser le lit éternel de ma chère et tendre...
Je ne vis la matinée passer, trop occupé par mon activité et c'est qu'après avoir fini que je constatai que le soleil était déjà bien haut dans le ciel. Ainsi je décidai de me préparer pour mon départ vers Lune-d'argent, à vrai dire, il me fallut que peu de choses... Notre vieille épée rouillée, quelques provisions cachés dans la cave, ainsi que dix malheureuses pièces de cuivre et je fus fin près à partir pour ce long périple à la recherche de vengeance et puissance.

Me voilà parti, direction le Nord. Je m'engouffrais dans la forêt bordant Amendil, laissant derrière moi le sinistre ravage de cette ville. Seulement, je gardais en mon cœur les souvenirs de tous ces moments heureux vécus en ce lieu et, surtout, de celle que j'aime.
Armé de mon épée, je me glissais entre les arbres et la verdure, marchand à vive allure. Je ne savais pas vraiment où cela me mènerait, mais ma détermination me poussait dans une direction avec l'assurance d'être sur le bon chemin. Mes sens d'Elfe de Sang ne me trompaient pas, plus j'avançais et mieux je distinguais un brouillard d'une couleur étrange dans le ciel de l'horizon. Certainement l'air abondant de Mana de Lune d'Argent, toute cette foule d'Elfe regorgeant de Mana créait cette espèce de nappe qui recouvrait la Capitale. Je prenais donc l'horizon comme repère et accélérais l'allure pour m'en approcher le plus avant que la nuit ne tombe.
Lorsque les obscurités avaient recouvert le ciel et que la visibilité ne permettait plus d'avancer, je déposai mon sac au sol et m'installai au pied d'un arbre pour y passer la nuit. Je regardais les étoiles, le souffle léger du vent apaisait mes sens et je me laissais m'évader dans mes souvenirs, revivant les plus beaux moments avec Elle. Je me revois à ses côtés, dans les prairies de cette région ; ses yeux étincelants, ses cheveux légers au vent, son sourire... ses lèves, si douces... Elle me manque. Des larmes coulaient le long de mon visage en entendant sa voix chaleureuse me chuchoter son amour. Peu à peu, mes yeux se fermaient et je La rejoignais dans un rêve des plus merveilleux.

Le soleil m'éblouissait et j'ouvris les yeux avec peine, me réadaptant à cette luminosité si soudaine. Je saisis à tâtons mon épée et m'en servis pour me relever, puis je repris mes esprits observant les alentours. C'est alors que, stupéfait, j'aperçus cet ours à pas plus de deux pieds de moi, reniflant le sol, attiré par l'odeur de mon sac de provisions.
Mes mouvements si soudain venaient d'attirer son attention. Il me fixait maintenant, la gueule entre-ouverte, bien décidé à faire de moi son déjeuner. Je ne savais pas quoi faire, lui restait là sans bouger, attendant la bonne occasion pour me sauter dessus. Fuir n'était, sans aucun doute, pas la bonne solution, je devais agir et vite. Alors, je serrai fermement mon épée dans ma main et, sans quitter l'ours du regard, m'avançai vers lui. Plus grand chose ne me séparait de la bête, puis dans un élan de folie je me jetai sur l'ours, lui assénant un coup d'estoc dans sa peau épaisse. Tout de suite, il recula et tressaillis, quelques goûtes de sang coulaient sur sa fourrure. Avant que je ne puisse réagir, il s'élança sur moi et d'un coup de patte m'éjecta à quelques pieds, je ne contrôlais plus mon bras gauche d'où le sang s'écoulait. Un genou à terre, mon épée au sol, je tenais mon bras gauche de ma main droite, je ne pouvais plus bouger, paralysé par la peur et la douleur.
L'ours s'avançait vers moi, savourant cet instant, un Elfe... Quel meilleur repas pouvait-il espérer ?
Il n'a surement pas eu le temps de l'imaginer, une flèche venait de fendre l'air pour se réfugier dans sa tête, il resta un petit moment debout, le regard vide, puis s'écroula à terre. Un espoir venait de naître en moi, mais il fut immédiatement éteint lorsque je vis ces deux horribles Elfes déshérités, ces misérables êtres avides de Mana et exclus de notre société. Les deux m'observaient, discutant dans une langue qui m'était inconnue, je reconnaissais bien quelques nuances Elfiques, mais c'était bien trop différent de notre langue maternelle. L'un désigna du regard mon sac à provision et alla le récupérer, l'autre s'approcha de moi et se mis à mon niveau. Un sourire mesquin se formait sur son visage, il se releva, appuya sur ma blessure avec son pied, puis me poussa à terre. L'autre récupéra mon épée et d'un geste vif il la brisa en deux, puis la jeta à mes pieds, enfin tout deux repartirent dans le cœur de la forêt, me laissant seul et désemparé. Ma blessure me faisait horriblement souffrir et je m'évanouis, submergé par ma souffrance.

Le lac était calme, pas d'animaux aux alentours, le soleil se reflétait dans la clarté de l'eau ; une douce après-midi sur un banc. Je ne savais pas ce que je faisais là, mais j'observais ce lac. Puis, vint s'asseoir à côté de moi, celle que je regrettais tant. Surpris, j'allais ouvrir la bouche pour lui parler, mais elle posa délicatement son doigt sur mes lèvres... Je restais immobile à la contempler, elle fixait le lac du regard. Puis, je pris la parole :
- « Tu m'en veux n'est-ce pas ? »
- « Hm ? Pourquoi voudrais-tu que je t'en veuille ? Tu n'as rien à te reprocher. »
- « J'ai échoué... Je n'ai pas su te protéger et maintenant, j'erre je ne sais où, rêvant de toi. »
- « Ne crains rien Keltos, tout cela va s'arranger, j'ai eu une vie heureuse avec toi et ne regrette rien. Maintenant, il est temps que tu reprennes tes esprits. »
- « Je... » Elle disparu. « ...t'aime. »
La lumière du soleil m'éblouissait encore une fois en cette journée. Par deux fois je venais à me réveiller péniblement, mais cette fois j'étais en mouvement. Lorsque je repris mes esprits, je vis que je me trouvais sur un chariot trainé par un cheval sans doute. Devant moi se trouvait un autre cavalier qui nous suivait, lorsqu'il vit que je m'étais réveillé il eut un léger sourire, puis détourna son regard vers l'horizon. Quel bonheur de retrouver des confrères Elfes de Sang en cette dure journée, mon bras était entièrement recouvert de bandages et je me sentais déjà mieux, mais tout le sang que j'avais perdu m'avait affaiblit. Bien que je peinais à garder les yeux ouverts, j'avais pu remarquer que nous étions sur un chemin bordé de barrières, sans doute approchions nous de Lune d'Argent. Je préférais ne pas résister et me laisser m'endormir plutôt que de souffrir à nouveau ; le reste du voyage, je le passais plongé dans des rêves relatant divers souvenirs.

J'étais allongé dans un lit confortable au beau milieu d'une pièce magnifiquement décorée, je retrouvais les joies de la civilisation Elfe de sang. Je voulus me lever, mais je n'y parvenais pas.
- « Restez tranquille. Votre blessure n'est pas totalement guérie. »
Un Elfe était là et m'observait, assis sur une chaise dans un coin de la pièce, je ne l'avais pas vu.
- « Vous savez que vous avez eu beaucoup de chance ? Si ces deux vagabonds n'étaient pas passé par là, vous seriez surement mort. »
- « Je le sais bien, je ne pensais que cela serait si difficile d'atteindre Lune-d'Argent sans soucis. Hm, où sont les deux qui m'ont sauvé ? »
- « Ils avaient un long voyage à faire. Ils n'ont pas pu rester. » Il me fixa longuement, puis ajouta. « D'où venez vous ? »
- « Je viens d'Amendil, c'est un village... enfin c'était. À de nombreux lieux au Sud. »
- « Oh oui, j'y suis allé il y a quelques temps de ça, pour enseigner certaines pratiques à un de mes élèves... Mais, pourquoi dîtes vous que ''c'était'' ? » Il avait l'air perplexe.
- « Si je suis venu, c'est pour informer la Garde de notre peuple, que des barbares mercenaires sont venus saccager Amendil... il reste quelques survivants, mais la majorité sont morts. Je suis l'un des survivants, j'ai vu tous les miens se faire massacrer. »
L'Elfe se leva d'un bond de sa chaise et couru à la porte.
- « Ne bougez pas, je reviens ! Je vais en informer les généraux ! » Puis il murmura. « Pourvu qu'il n'y soit pas resté... » Et s'en alla en vitesse.
Il fallait que je trouve un moyen de m'engager dans la Garde, que je puisse être formé, je devais gagner en puissance pour me venger. J'irai trouver ces généraux une fois que ça ira mieux et je
les persuaderai de m'accepter dans leur rang. Je n'ai plus rien à perdre : plus de foyer, plus de famille... plus d'épouse. À cette pensée, je sentis un douloureux pincement au cœur... elle me manquait.

Voilà que j'ai revêtu mon smoking, juste quelques retouches à faire et je fus enfin prêt. On frappa à la porte. Le Prêtre rentra et m'observa quelques instants...
- « L'heure est arrivé, tu es sur le point de vivre la plus belle chose que le monde ait connu. »
En effet, quoi de plus merveilleux que de se marier avec une femme que l'on aime et de voir la cérémonie présidée par son père ?
Il m'accompagna jusqu'à l'autel, nous passions devant des connaissances, les amis, la famille pour enfin l'atteindre. Il fixa brièvement mon smoking, me regarda de haut et me fit un large sourire. Puis, le silence se fit, tout le monde se tourna vers les portes de l'église, je fis de même et enfin je l'aperçu... Si charmante, dans cette robe, elle me semblait si divine. Elle s'avança, doucement, délicatement vers moi. Je me sentais pousser des ailes, plus elle se rapprochait et plus je sentais mon cœur battre, le grand moment était enfin arrivé ! Arrivée à mon niveau, je la regardais droit dans les yeux. Je ne faisais plus attention aux invités, seuls restaient la symphonie et son somptueux sourire. Mon père n'eut pas le temps de commencer la cérémonie. Les cloches de la ville retentissaient et des hurlements provenaient de l'extérieur. Tous se levèrent et, dans la précipitation, se dirigèrent vers les portes de l'église. Je serrais dans mes bras ma bien-aimée, elle me regardait, son sourire avait disparu et je voyais de la peur dans ses yeux. Puis, les portes s'ouvrirent violemment et je les vis : ces barbares assoiffés de sang, hostiles à tous. Humains, Orcs, Elfes étaient ensembles et tuaient tout ce qu'ils croisaient. Armés de leurs haches, épées et masses ils tranchaient, éventraient et écrasaient ceux qui, effrayés, tentaient de s'enfuir. Mon père s'élança dans la foule pour venir en aide aux gardes, leur nombre diminuait très rapidement, ils ne pouvaient rien faire. Un imposant Orc vit mon père et chargea en sa direction, j'étais pétrifié et n'arrivait pas à émettre un son de ma bouche. Il arriva à son niveau et d'un geste ferme et appliqué, lui planta sa hache dans le dos, puis s'en alla tuer un autre Elfe. Je voyais mon père s'écrouler au sol, sans vie. Je fis alors un geste irréparable : me précipiter auprès de son corps, laissant seule celle que j'aime. Les larmes aux yeux, je m'apitoyais sur le cadavre de mon père.
- « Keltos ! »
Son cri me glaça le sang, je me retournai et vis un de ces misérables barbares devant elle. Il venait de la tuer.

Nakane
11/05/2008, 15h34
T.T pluuuuuuuuuuuuus

sephiclad
11/05/2008, 15h56
c'est profond quand même

t'a du talent

axel
13/05/2008, 02h44
Raah ces trop long a lire =D

sephiclad
13/05/2008, 08h46
p'tite nature :p