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venzou
27/08/2007, 15h03
Chapitre 2
La possession de Deuillegivre

L’archimage Antonidas soupçonnait que la peste de non-vie était d’origine magique. Il envoya donc l’ensorceleuse Jaina Portvaillant dans les terres du nord pour enquêter. Le prince Arthas Menethil, fils unique du roi Terenas, partit avec elle. Jaina et Arthas finirent par trouver le serviteur du roi-liche, Kel'Thuzad, et le tuèrent, mais la mort du nécromancien ne suffit pas à mettre un terme à la montée du Fléau. À mesure que la bataille contre les morts-vivants se poursuivait, la foi et la patience du prince commençaient à décliner.

Rejoints par le légendaire paladin Uther le Porteur de Lumière, Arthas et Jaina arrivèrent malgré tout aux portes de Stratholme trop tard pour faire cesser la distribution de céréales contaminées par la peste. Arthas comprit que les villageois innocents allaient inévitablement rejoindre les rangs sans cesse croissants des morts-vivants. Il ordonna à Uther de nettoyer la ville et de massacrer les civils avant qu’ils ne deviennent des serviteurs du Fléau. Quand celui-ci refusa, Arthas accusa le grand chevalier de trahison et l’Ordre de la Main d’argent fut dissous. Uther et la majeure partie de la cavalerie qui lui restait quittèrent le village, révoltés, et Jaina, horrifiée par la décision d’Arthas, abandonna elle aussi le prince.

Malgré la perte de ses forces de soutien, Arthas exécuta son plan, massacrant les innocents de la ville et réduisant le moindre bâtiment en cendres. Quelque chose en Arthas s’est brisé ce jour-là, et, en s’éloignant enfin de Stratholme, il a laissé une grande part de son humanité dans les flammes.

Depuis lors, la seule préoccupation du prince fut d’arrêter le Fléau à tout prix. Il finit par remonter la piste de la maladie jusqu’à Norfendre. Le cœur lourd, mais doté d’une volonté d’acier, il partit pour le toit enneigé du monde, où il eut la surprise de retrouver un vieil ami, le nain Muradin Barbe-de-bronze. Celui-ci était à la recherche d’une lame aux pouvoirs légendaires : l’épée appelée Deuillegivre. Arthas décida de rechercher l’épée pour s’en servir contre le Fléau. Cependant, suivant les conseils d’Uther, le roi Terenas fit bientôt rappeler Arthas et ses troupes. Avant que l’expédition ne puisse prendre la mer pour rentrer, ce dernier engagea en secret des mercenaires de la région pour mettre le feu à ses bateaux. À la tête de l’armée qui revenait au point d’ancrage, il feignit la surprise et ordonna à ses soldats mortifiés de pourchasser et mettre à mort les mercenaires.

Par la suite, Arthas ratissa les étendues désolées à la recherche de ce qu’il croyait être la clef du salut de son peuple. Muradin et lui-même finirent par découvrir Deuillegivre, et purent lire l’inscription inquiétante figurant sur son piédestal, qui prévenait que son porteur gagnerait effectivement une puissance éternelle, mais qu’il y aurait un prix à payer : « Tout comme la lame fend la chair, la puissance doit fendre l’âme. » Malgré cet avertissement et les protestations de Muradin, Arthas fit le vœu de payer n’importe quel prix pour posséder cette arme.

Obéissant aux téméraires exhortations du prince, Deuillegivre s’extirpa de sa gangue de glace, prenant par là-même la vie de Muradin. Arthas se saisit de l’épée, qui détruisit le peu d’humanité qu’il restait en lui. Le prince ne pouvait pas savoir que le roi-liche était le véritable maître de l’épée, pas plus qu’il n’aurait pu deviner qu’en sus des enchantements de Kil’jaeden, Deuillegivre possédait une capacité qui lui avait été conférée par Ner’zhul : la faculté de s’emparer des âmes des êtres vivants.

Avec Deuillegivre entre les mains et les ténèbres grandissantes au cœur, Arthas s’enfonça dans les étendues gelées, répondant à l’appel de son nouveau maître...

À suivre...